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CNV : 5 étapes pour une Communication Non Violente

Imaginons un instant que l’on nous parle comme nous parlons habituellement à nos enfants : « dépêche-toi ! », « ne fais pas ça ! », « viens tout de suite ! j’ai dit tout de suite… attention je compte jusqu’à trois et si tu n’es pas là tu seras puni ! ». Que ressent-on lorsque l’on s’adresse à nous de cette façon ? Que peut nous apporter la CNV ?

C’est en inversant ainsi la situation que l’on réalise que nous communiquons différemment avec les enfants. Bien souvent notre manière de nous adresser à eux n’est pas du tout la même que notre manière de nous adresser aux autres adultes.

Pourtant, la communication est une des clés pour une relation parent-enfant épanouie et respectueuse dans les deux sens.

Dans cette vidéo nous parlons de ce qu’est la communication bienveillante appelée aussi Communication Non Violente ou CNV.

Nous allons voir quelles sont les cinq étapes pour la mettre en œuvre. Ce mode de communication permet de s’adresser différemment aux enfants mais également d’améliorer les relations de manière générale.

Qu’est-ce que la CNV ?

Exemple d’une interaction traditionnelle

Glissons-nous un instant à la place d’un petit enfant : j’ai trois ans et je me rends aux toilettes. J’attrape du papier toilette avec les mains mouillées, il se déchire.

Tiens c’est intéressant, je me demande ce que cela donnerait si je mettais du papier dans l’évier pour le mouiller. Je commence mon expérience, je mouille un peu de papier. Je peux en faire une boule dans ma main, c’est marrant cette texture.

Je suis pris dans mes expérimentations quand tout à coup mon parent arrive. « Mais qu’est-ce que tu fais ? tu es bête ou quoi ? tu vois bien que ça va boucher l’évier ! Mais c’est pas vrai, qui va devoir nettoyer tout ce bazar ? On ne peut pas te laisser deux minutes sans que tu fasses une bêtise ! ».

Que se passe-t-il ensuite ? Pour l’enfant il est probable qu’il ne refasse pas tout de suite cette expérience. Ou, s’il a été interrompu trop tôt alors il fera en sorte de la dissimuler, de ne pas se faire prendre.

Il aura assimilé en tous cas que cet acte est une « bêtise » aux yeux de l’adulte. Même s’il n’a pas forcément compris pourquoi. Quant à l’adulte il va entretenir un sentiment de colère, de rancœur pendant un long moment après. En effet, sa réaction face à cet évènement lui aura fait sécréter des hormones de stress.

Exemple d’interaction en CNV

Mais si dans la même situation l’éducateur arrive et s’exprime différemment : « oh je vois que tu fais une expérience avec le papier et l’eau, c’est super ! Par contre moi j’ai besoin de pouvoir me laver les mains sereinement et d’être sûre que le lavabo ne soit pas bouché. Est-ce que tu pourras enlever le papier et le mettre à la poubelle après ? ».

La suite sera différente. Du côté de l’enfant l’expérience ne sera pas humiliante. L’accueil de l’adulte va solliciter sa coopération et le responsabiliser. Car face à un adulte en colère, les neurones miroir de l’enfant vont l’amener à se mettre lui aussi en colère. De la même façon, face à un adulte qui réagit positivement, l’enfant va être plus à même de coopérer.

Quant à l’adulte il n’entretiendra aucune émotion négative à la suite de l’évènement. Aucune confrontation n’aura eu lieu et il aura choisi de réagir dans la joie. Il va donc de sécréter des hormones de joie et non de stress.

Marshall Rosenberg, père de la CNV

C’est le psychologue américain Marshall Rosenberg qui avance en premier l’idée que la manière dont nous nous exprimons est primordiale.

La façon dont nous exprimons nos besoins et nos demandes influence la réaction de notre interlocuteur et son état d’esprit. Il illustre ses propos en parlant de langage « chacal » pour la communication traditionnelle qu’il juge agressive. La Communication Non Violente, la CNV est appelée langage « girafe« .

La communication bienveillante découle entre autre de ses recherches. Elle vise à améliorer les relations entre les personnes. Pour cela elle nous apprend à porter notre attention sur la manière de nous adresser aux autres.

Mieux exprimer son ressenti et ses besoins, ne pas attaquer ni juger l’autre sollicite sa coopération et permet d’éviter bien des conflits.

En CNV, pour une communication bienveillante efficace, on va considérer 5 points, les voici :

Les cinq étapes de la CNV

1ère étape : l’intention

Bien communiquer commence par une intention que l’on pose. C’est l’état d’esprit dans lequel on choisit de se positionner pour aborder l’échange. Lorsque l’on constate un comportement inapproprié de notre enfant, on peut choisir.

Choisir de se dire que cet enfant est un être merveilleux, qu’il n’a aucune mauvaise intention à notre égard. Son comportement est la solution qu’il a trouvée pour répondre à un de ses besoins. Ce n’est peut-être pas la meilleure à notre sens mais simplement une solution pour lui. On va donc choisir de poser vers cet enfant une intention positive.

Là encore, l’intention fait appel aux neurones miroir car l’enfant va sentir cette ouverture de cœur. Cette approche positive envers lui va « donner le ton » de l’échange. Ainsi il sera dans de bonnes dispositions d’écoute.

2ème étape : l’observation neutre des faits

La deuxième étape de la CNV est l’observation : on va observer l’enfant sans jugement, en notant uniquement les faits. Cette étape est importante car les faits sont neutres.

C’est donc quelque chose que l’enfant admet sans opposition. Si l’on reprend l’exemple précédent : « l’enfant manipule du papier et de l’eau ». Donc si on dit à l’enfant « je vois que tu » en énonçant les faits constatés, sans jugement de valeur, il ne se sentira pas attaqué personnellement. Il restera à l’écoute plutôt que passer en « mode défense ».

3ème étape : la verbalisation de ce que l’on ressent

Ensuite arrive la formulation du sentiment, la troisième étape de la CNV. Il s’agit d’exprimer le sentiment ressenti en se l’appropriant.

Pour cela, on va utiliser le « je » (« je suis content » ou « je suis en colère »). Cela va permettre à l’enfant de savoir que ce n’est pas de sa faute si je suis en colère. En effet, nous sommes seul responsable de nos émotions. Ce sentiment n’engage que moi, il n’est donc pas non plus contestable. Il ne constitue pas une agression ni un jugement, je parle de moi et de mon ressenti uniquement.

4ème étape : l’expression de notre besoin

La quatrième étape de la CNV est l’expression de notre besoin. Nous sommes des êtres de besoin, tout ce que l’on fait correspond à nos besoins. Toutes nos actions, nos pensées, nos émotions, tout notre être est lié à nos besoins. Si on ne les exprime pas, on prend le risque que l’autre en ait une mauvaise interprétation.

Que ce soit notre conjoint, notre enfant ou notre collègue, la personne va chercher à deviner notre réel besoin. Elle risque alors de mal l’identifier et vouloir combler un besoin qui n’est pas le bon. Cela va avoir pour effet d’envenimer la situation.

A l’opposé, lorsqu’on exprime clairement son besoin réel, on va encourager la coopération. Cela fonctionne tout particulièrement chez l’enfant.

Pour aider un enfant à formuler son besoin, je vous invite à lire l’article spécifiquement dédié aux besoins de l’enfant.

5ème étape : demander

La dernière étape de cette communication bienveillante est la formulation de la demande. Toujours dans notre exemple c’est dire à l’enfant « peux-tu enlever le papier mouillé des trous du lavabo et le jeter à la poubelle ? ».

La demande est différente d’une exigence. Lorsqu’on formule une exigence, on essaie d’exercer notre contrôle sur l’autre (j’ai la seule et unique solution, si tu ne fais pas ce que je demande tu auras des problèmes).  Exprimer une demande est différent car on doit être prêt à ce que l’autre n’y accède pas.

Dans ce cas, c’est peut-être que la solution qu’on a trouvée pour satisfaire nos besoins est en contradiction avec son besoin à lui. On pourra alors en discuter et voir quels sont mes besoins et ses besoins à lui.

Ensuite on pourra trouver une solution qui convienne aux deux. La demande est une proposition, le but étant de trouver un consensus. En effet lorsque l’on trouve une solution qui convient à tout le monde, elle est généralement durable.

Pourquoi la communication bienveillante ?

L’incroyable plasticité neuronale

Dans le cerveau, plus précisément dans le cortex se trouvent des colonnes verticales et des modules verticaux. Ils sont chargés de transmettre l’information sensorielle et sont codés génétiquement. On y trouve également des connexions horizontales qui se créent avec les expériences, notre vécu.

A chaque passage d’information, on va générer une synthèse de protéine qui va coder notre réseau nerveux. C’est la plasticité neuronale, la capacité du cerveau à modifier sa propre structure.

Et les informations qui reviennent le plus souvent vont créer les chemins les plus gros pour faciliter l’influx nerveux. Donc si on génère souvent de la colère, le « chemin de la colère » va s’agrandir.

Si on utilise de la communication violente et agressive, des « autoroutes neuronales » de l’agressivité vont être créées. Notre cerveau va être enclin à emprunter ces voies plus grosses et faciles d’accès. Nous allons par conséquent chercher et appliquer de plus en plus souvent ce type de communication.

La colère génère des hormones de colère ainsi que de l’adrénaline. La peur génère de l’adrénaline et la joie, l’attachement et l’amour génèrent de l’ocytocine, l’hormone du bonheur.

Plus on génère d’ocytocine chez quelqu’un, plus il sera accro à l’ocytocine et plus il aura envie d’en donner. De la même façon, plus on génère d’adrénaline chez quelqu’un, plus il sera accro à l’adrénaline. Il aura là aussi plus envie d’en générer.

Un choix

Si on commence à parler avec violence à l’enfant, chez lui les chemins de l’hormone de la colère vont aussi s’agrandir. Donc il va chercher à répondre de plus en plus par la colère. On peut choisir de générer une autre hormone chez lui, c’est notre choix. Une fois adulte, l’enfant continuera de rechercher ce qu’il connait le mieux. Il continuera à utiliser les autoroutes que le mode de communication de ses éducateurs aura créées dans son cerveau. Nous avons donc ce pouvoir, celui de choisir notre manière de réagir et de communiquer. Nous pouvons choisir quelles hormones nous souhaitons privilégier dans le cerveau de notre enfant.

Les trois avantages de la CNV

La CNV, la Communication Non Violente, est un formidable outil à utiliser avec les enfants. Mais elle est un formidable outil tout court. Se présenter avec une intention positive, énoncer les faits sans jugement.

Puis exprimer notre ressenti et notre besoin en utilisant le « je » puis faire une demande sans contraindre. Voici la recette d’une communication qui présente trois avantages.

Tout d’abord elle permet d’éviter à notre interlocuteur de se sentir agressé et d’être sur la défensive.

Ensuite elle nous permet à nous d’exprimer clairement nos attentes afin d’éviter tout malentendu.

Enfin elle incite l’autre à la coopération. Je t’invite à tester ce mode de communication. En effet s’il demande un peu d’effort de réflexion dans les premiers temps, il fait réellement des miracles pour pacifier les relations avec nos enfants !

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