Les besoins de l’enfant I Les 5 besoins fondamentaux à connaître

Quel parent n’a jamais vécu une situation où un de ses enfants « bascule » sans aucune raison flagrante dans une crise de colère ? Que peut nous apporter la connaissance des besoins de l’enfant ?

Il est 18H30, je viens de récupérer les enfants à l’école, je prépare le dîner pendant qu’ils jouent. Le petit dernier, 6 ans, arrive et me demande un dessin animé.

La règle est connue, pas en semaine. Je la rappelle et là en l’espace de quelques secondes, c’est l’apocalypse qui s’abat sur moi. Cris, pleurs, hurlements, bref, c’est maintenant le drame. Ce tableau te semble familier ?

La Discipline Positive propose beaucoup d’outils pour aider à éviter les comportements inappropriés de l’enfant mais il est une compétence parentale sans laquelle tous ces outils peuvent s’avérer inefficaces : décrypter les cinq besoins fondamentaux d’un enfant !

Dans cette vidéo, nous allons voir quels sont les besoins de l’enfant et pourquoi il est important de les satisfaire.

Un besoin fondamental, qu’est-ce que c’est ?

Les besoins de l’enfant, comme ceux de tout être humain, sont des besoins qui sont une réelle nécessité. Ils sont indispensables à la vie. Chez l’enfant, le néocortex, centre de la raison, n’est pas encore pleinement mature.

Par conséquent, le non-respect de des besoins de l’enfant se transforme très rapidement en comportement inapproprié voire en crise de colère.

C’est le psychologue Abraham Maslow qui a identifié et catégorisé ces besoins dans une pyramide de hiérarchie. Ils sont au nombre de cinq : les besoins physiologiques (ou besoins vitaux), le besoin de sécurité, le besoin d’appartenance, le besoin d’estime de soi et le besoin de réalisation de soi.

Notre cerveau nous signale qu’un de ces besoins fondamentaux n’est pas satisfait par le biais de sensations. Lorsque notre besoin vital de sommeil n’est pas satisfait nous ressentons de la fatigue. De la même façon, lorsque notre besoin de sécurité n’est pas satisfait nous ressentons de la peur.

C’est en général les besoins physiologiques que nous apprenons en premier à identifier. Cependant chez les tout-petits, même la sensation de faim peut être difficile à relier au besoin et à mettre en mots. Et plus on monte dans la pyramide, plus les besoins de l’enfant peuvent être difficiles à identifier si on ne les connaît pas. Il en va de même pour un adulte.

1. Les besoins physiologiques

Apprendre à les repérer

Les besoins physiologiques sont à la base de la pyramide des besoins de l’enfant. S’ils ne sont pas satisfaits c’est la vie elle-même qui est en danger. Le besoin de se nourrir, de s’hydrater, de dormir, d’être en bonne santé, d’être propre.

En tant que parent, c’est notre rôle d’apprendre à identifier les signes qui annoncent qu’un besoin n’est pas satisfait chez notre enfant.

La plupart des parents sont capables de repérer les signes de sommeil chez leur enfant. Même lorsqu’ils sont tout petits : frottement des yeux, chansonnette, auto-bercement.

Ces signes annonciateurs permettent de faire le nécessaire pour satisfaire le besoin assez tôt. Avant qu’une crise se produise. Mais pour d’autres besoins, les signes ne sont pas toujours évidents. Il n’est par exemple pas forcément visible de l’extérieur qu’un enfant à faim !

Lâcher prise

C’est pour cela que lorsqu’une crise éclate, il est important de se poser certaines questions. A-t-il faim ? sommeil ? trop chaud ? A-t-il besoin d’être changé ?

Se demander si tous les besoins physiologiques sont comblés est la première étape en cas de crise. Elle permet bien souvent de désamorcer une situation critique.

Lors d’une crise, si on constate qu’un besoin physiologique n’est pas satisfait, il faut parfois pouvoir lâcher prise. On va dans ce cas peut-être devoir changer un peu ses priorités afin de respecter les besoins de l’enfant.

Un enfant qui a faim va rapidement faire sauter son néocortex, cerveau de la raison. Une crise violente peut alors éclater. Quel que soit notre comportement pour gérer cette crise il n’y a que la satisfaction du besoin qui pourra calmer l’enfant.

Alors c’est parfois compliqué pour nous en tant que parent. Il se peut que le dîner ne soit pas prêt, on voudrait pouvoir avoir un vrai repas en famille.  On souhaite que notre enfant mange le repas équilibré qu’on lui a préparé…  Ce n’est pas si grave.

Exceptionnellement on peut lui donner un fruit, quelque chose pour calmer sa faim. Il sera toujours temps ensuite de trouver des solutions pour éviter que cette situation ne se reproduise.

Un enfant n’a pas la capacité de se raisonner comme un adulte lorsqu’il a faim ou qu’il est fatigué. C’est à nous d’adapter le plus possible les horaires de la famille aux besoins physiologiques des enfants.

2. Le besoin de sécurité

Sécurité physique et psychologique

Dans le besoin de sécurité, on va retrouver le besoin de sécurité physique. Un des besoins de l’enfant est de se sentir en sécurité, à l’abri des dangers. Si ce besoin n’est pas satisfait, c’est le sentiment de peur qui va se manifester le plus souvent.

Notre rôle de parent ici est non seulement de limiter les dangers mais également d’informer l’enfant. Pour ça, on va lui apprendre à les identifier. Dès le plus jeune âge, on va utiliser le mot « danger » pour interdire ou prévenir l’enfant.

Mais ce besoin de sécurité englobe aussi tout ce qui est sécurité psychologique. Le besoin de se protéger contre toutes les violences psychologiques et verbales, les cris, les humiliations.

Si je te dis « tu es vraiment nul ! tu ne sais rien faire ! mais comment c’est possible d’être aussi nul ? ». Comment te sens-tu ?

On se sent généralement agressé, c’est une vraie agression verbale. Tout notre corps se met en position de défense lorsqu’on nous parle comme ça. Et bien l’enfant sur ce point n’est pas différent de l’adulte, ce type d’attaque provoque en lui un sentiment d’insécurité.

Gérer sa propre colère pour le protéger

Il est donc primordial de faire très attention à la manière dont on parle à un enfant. Il ne faut pas hésiter à s’isoler lorsqu’on sent que la colère nous envahit. Ainsi, on laisse le temps à la pression de retomber pour éviter d’avoir des propos agressifs envers l’enfant.

Une technique qui fonctionne bien, c’est de se raccrocher à un moment de joie, d’amour partagé avec cet enfant. On va retrouver un souvenir sur lequel on va se concentrer. On va ainsi pouvoir se dire « là son comportement est inapproprié mais je l’aime et je vais l’aider avec amour ».

Pour les enfants jeunes, la sécurité psychologique passe aussi par les habitudes, les routines. Un changement brutal dans leurs habitudes peut générer une grande insécurité et des comportements inappropriés.

3. Le besoin d’appartenance

Là aussi il s’agit d’un des besoins de l’enfant qui va rester présent tout au long de notre vie. Le besoin de se sentir appartenir à un groupe, une culture, une communauté, une famille. C’est se sentir aimé, inclus, partager des choses et participer.

Un enfant qui ne se sent pas inclus, qui se sent mis à part va développer un sentiment de tristesse voire de colère et des comportements inappropriés. L’enjeu réel de ce besoin est le besoin d’être accepté pour ce que l’on est.

Appartenir à un groupe, c’est également être en capacité d’établir un référentiel pour tout. En effet, notre groupe nous sert de référence, de repère pour nos actions, nos réflexions.

Là, en tant que parent, l’important est de manifester le plus souvent possible son amour. Mais aussi de faire des activités qui créent du lien, de savoir montrer de la reconnaissance.

4. Le besoin d’estime de soi

La reconnaissance du parent

L’enfant tout comme l’adulte va avoir un besoin d’estime de soi. Elle dépend bien sûr de l’estime externe, l’opinion que les autres portent sur lui. Mais elle dépend aussi de l’estime interne, l’opinion qu’il porte sur lui-même.

C’est sur l’estime externe que notre rôle de parent va pourvoir s’exercer le plus. On va pouvoir le faire en soulignant toutes les petites victoires, les progrès de l’enfant.

C’est cette reconnaissance qui va provoquer chez lui le sentiment de fierté, de satisfaction personnelle. Un des besoins de l’enfant est de se sentir utile, apprécié pour qui il est et respecté.

Le responsabiliser, lui demander son aide pour des tâches simples, dès tout petit, contribuent à cette estime. Et tout cela contribue également à l’estime interne de l’enfant.

L’estime par l’autonomie

Pour cela en tant que parent on peut tout simplement veiller à laisser du temps à l’enfant. Du temps pour acquérir cette autonomie.

Ce n’est pas toujours facile, beaucoup de parents ont peu de temps avec leurs enfants. Il est parfois frustrant quand on est déjà en retard de constater que l’enfant souhaite mettre ses chaussures… seul.

On sait à ce moment précis que si nous le faisons pour lui, ce sera beaucoup plus rapide. Alors la tentation est grande de faire les choses à leur place par manque de temps.

Une solution est d’observer l’enfant pour repérer à quel moment il se sent prêt à accomplir une nouvelle tâche. On va organiser notre planning de manière à lui offrir une plage suffisamment grande pour pouvoir tester son nouvel apprentissage.

Faire à sa place lui renvoie le message « tu n’es pas capable » ce qui est très mauvais pour son estime de lui. De plus, le fait que l’enfant se sente capable et ne puisse pas le faire va créer une frustration. Cela va se traduire là encore par des comportements inappropriés.

5. Le besoin de réalisation de soi

Le 5ème des principaux besoins de l’enfant est le besoin de réalisation de soi. Plus précisemment, c’est un besoin de découvrir et d’utiliser son potentiel. Il passe par le fait d’accomplir des choses, de se cultiver. C’est un besoin qui englobe toute la vie spirituelle. Il peut s’agir de religion mais aussi de philosophie, de méditation de connexion au monde…

L’enfant tout comme l’adulte ressent le besoin d’explorer le monde. Une nécessité de comprendre les choses, de s’épanouir et de trouver sa place dans l’univers.

Le besoin de réalisation de soi peut aussi comprendre tout ce qui est artistique, culturel…

Pour l’enfant, la difficulté à satisfaire ce besoin vient du fait qu’il a très peu de contrôle sur sa propre existence. On peut donc l’aider en lui redonnant un peu de pouvoir de décision sur sa propre vie.

Ça peut être d’utiliser l’outil du choix limité par exemple (« préfères-tu le pull bleu ou le pull rouge ? »). On peut aussi lui demander son avis ou chercher avec lui une solution à un problème. Cela va lui permettre de développer sa capacité de réflexion.

Connaître les besoins de l’enfant : un formidable outil pour pacifier les relations

Connaître les besoins de l’enfant, apprendre à les identifier permet de changer beaucoup de choses. Cela va permettre de désamorcer tout un tas de « bombes » dans notre quotidien.

Avec la pratique, on va pouvoir installer dans sa relation avec l’enfant une vraie coopération. On obtient ainsi une réelle compréhension de l’autre et on va atteindre une belle harmonie familiale.

Si respecter ces cinq besoins de l’enfant est une priorité, attention à ne pas les confondre avec les différents fantasmes de l’enfant. Ils ne sont pas des besoins fondamentaux.

Les fantasmes sont des envies, pas des besoins nécessaires à un équilibre biologique et psychologique. Les fantasmes peuvent être écoutés, les émotions accueillies. Mais la priorité est de respecter les cinq besoins fondamentaux pour prévenir les situations de crise.

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