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La punition a-t-elle une utilité ?

Lorsque l’on découvre l’éducation positive, on reçoit souvent des critiques. Un argument que l’on entend souvent de ceux qui ne sont pas dans notre démarche, c’est que la punition est nécessaire car elle est efficace.

On nous dit que la punition permet de faire respecter les règles, de faire obéir, que ça donne à l’enfant un cadre, que grâce à la sanction il apprend à distinguer le bien du mal. Et là-dessus, je n’ai rien à dire, c’est vrai, la punition fonctionne de ce point de vue-là. Alors pourquoi faire le choix d’un mode d’éducation sans punir ?

Dans cette vidéo, nous allons voir pourquoi les punitions sont en effet efficaces à court terme. Mais aussi pourquoi elles posent problème sur le long terme et quels sont ses effets négatifs de la punition sur l’enfant.

Nous verrons comment les techniques de Discipline Positive permettent de remplacer les méthodes coercitives. Comment elles améliorent la relation parent-enfant avec plus d’efficacité sur le long terme.

Pourquoi utilise-t-on les punitions ?

Faire respecter l’autorité

Pendant très longtemps, on a utilisé la punition pour conformer l’enfant à ce que l’on attendait de lui. L’objectif était alors que l’enfant devienne une personne respectueuse de l’autorité du parent.

Mais aussi de la société et de toute forme d’autorité en général (voir l’article « quel est votre objectif éducatif ? »). On aspirait à faire de lui un être obéissant.  Qu’il ne remette pas en question les différentes formes d’autorité dans sa vie (ses parents, son patron, les institutions…).

Et si on a utilisé les punitions aussi longtemps, c’est parce qu’elles sont en effet efficaces, sur le court terme tout du moins. Elles permettent de contraindre l’enfant à faire ce qu’on lui demande ou à cesser un comportement inapproprié rapidement.

Parfois de manière instantanée, en utilisant la punition comme représailles. L’enfant va donc cesser son comportement pour faire cesser la punition, ou se conformer à notre demande par peur de la punition.

Mon expérience

J’ai personnellement utilisé cet outil jusqu’aux trois ans de mon fils, de un an à trois ans. Donc pendant deux ans parce que je ne savais pas comment faire autrement. C’était le modèle que je connaissais et qui était le plus répandu autour de moi.

Je pensais donc que c’était la meilleure des solutions, le punir pour qu’il obéisse aux règles, parce que dans 50 % des cas ça fonctionnait. Pourtant, parfois ça ne fonctionnait pas, il était puni au coin et il partait en rigolant, il prenait ça comme un jeu.

Mais je pensais que c’était la meilleure façon de lui permettre de rentrer dans le rang. Il me semblait que c’était nécessaire pour lui permettre d’intégrer la société.  Pourtant je constatais bien que ces méthodes avaient des failles.

Je sentais beaucoup d’émotions négatives lorsque je punissais mon fils, chez lui mais aussi chez moi. Il y avait de la colère, de la rancœur et il fallait du temps pour retrouver notre complicité par la suite. Surtout, je ne me sentais pas en accord avec moi-même et avec l’image de la parentalité que je souhaitais exercer.

En prenant du recul et me regardant, je n’étais pas la maman que je voulais être au fond de moi pour mon enfant. Cela générait beaucoup de frustration en moi.

Quels-sont les impacts négatifs de la punition ?

Rappelle-toi

Ce que j’aimerais que l’on voit ensemble, c’est quels sont les travers de la punition. Pour ça j’aimerais t’inviter à te connecter à la dernière fois ou toi tu as été puni. Peux-tu retrouver ce souvenir ?

Tu étais enfant, et un adulte, ton parent, ton instituteur, t’a puni pour quelque chose. Qu’as-tu ressenti lorsque c’est arrivé ? Qu’as-tu pensé ? Mais aussi qu’as-tu décidé après la punition ?

As-tu eu des envies de rébellion, as-tu trouvé la punition injuste. Peut-être eu envie de te venger ou t’es-tu demandé comment dissimuler ton acte la prochaine fois ? Ou peut-être as-tu juste obéi pour que la punition cesse ? Parce que c’était douloureux à vivre ?

De mon côté, je me souviens d’une punition scolaire que j’ai vécu comme une véritable humiliation. Certes, cette punition pédagogique m’a incité à respecter la règle de mon collège que je n’avais pas suivie. Mais il y avait bien d’autres moyens de m’y inviter… D’autres moyens qui m’auraient éviter d’en vouloir à l’institution scolaire, de ressentir de la colère, de l’injustice, du désarroi et qui m’auraient incité à aimer encore davantage mon école et ses règles. C’est ce que nous apprend la Discipline Positive.

Des effets négatifs

Jane Nelsen la fondatrice de la Discipline Positive nous explique que la punition génère rébellion, esprit de revanche et retrait, envie de dissimuler les choses. Et si l’enfant obéit après, ce n’est pas pour lui, par conviction interne que c’était juste. Il obéit uniquement pour éviter la punition.

Il va développer un ressentiment envers l’adulte, avoir envie de se venger, ressentir de la colère. Ces émotions vont abîmer la relation avec l’adulte et la confiance que l’enfant peut avoir envers lui.

De plus, l’enfant est un être absorbant, c’est-à-dire qu’il apprend par absorption de son environnement. Il va apprendre ainsi que pour faire respecter ses besoins il peut utiliser la force et la coercition. Devenir un adulte en grandissant dans cette idée, avec cet exemple.

Il va utiliser les mêmes outils pour contraindre autrui dans le but de satisfaire ses besoins. Plus tard il deviendra ensuite un parent qui se servira à son tour de la punition et de la contrainte avec ses enfants.

Est-ce vraiment l’adulte que nous souhaitons qu’il devienne ? Il faut se poser cette question car comment lui demander de devenir un adulte respectueux sans en être nous-même le modèle ?

Un sentiment de rejet

Un autre effet négatif de la punition est que l’enfant va également développer le sentiment d’être aimé « sous condition ». Sous condition de bon comportement et de soumission. Il va surtout se sentir rejeté, tout particulièrement avec les punitions d’exclusions.

Et l’enfant a un besoin fondamental de connexion pour grandir, un besoin d’appartenance (au groupe, à la famille, à la société). En ne répondant pas à ce besoin d’appartenance, la méthode punitive empêche littéralement le développement de l’enfant.

Des études récentes ont démontré cela grâce à l’imagerie IRM du cerveau. Le rejet et l’isolement provoqués par la mise au coin d’un enfant provoquent des effets comparables à une douleur physique sur le cerveau. Cette punition déclenche un stress et une sécrétion de cortisol, hormone du stress.

Le cortisol sécrété de manière prolongée est toxique pour le cerveau et en affecte sa physiologie même. La docteure Catherine Gueguen nous explique que toute expérience affective vécu par l’enfant modifie la structure de son cerveau.

Les techniques punitives et coercitives inhibent littéralement la maturation du cerveau, tout particulièrement du néocortex qui est le plus fragile. De plus sa maturité n’est atteinte qu’à 25 ans.

Alors il est important de se poser la question : Est-ce de cela dont nous avons envie pour nos enfants ? Si on se connecte à ce qui est essentiel de transmettre à son enfant. Pour le guider vers son bonheur et son épanouissement, quel est le moyen le plus efficace d’y parvenir ?

Est-ce en générant retrait, rébellion et esprit de revanche ? Personnellement je ne pense pas… Quel est l’exemple que l’on souhaite lui donner ? Quel adulte souhaitons-nous qu’il devienne et de quelle manière peut-on l’y aider aujourd’hui ?

Pourquoi choisir la Discipline Positive ?

L’autodiscipline

Quand mon enfant a eu trois ans j’ai découvert la Discipline Positive et ça a changé ma vie. J’ai découvert dans le livre de Jane Nelsen « La Discipline positive » d’autres outils que la coercition pour élever mon enfant.

Des outils qui le guident vers l’autodiscipline. Vers une référence interne pour que lui-même ait envie de coopérer et envie de respecter les règles. Parce que mon objectif est qu’il respecte les règles. Pas parce qu’il est forcé par quelqu’un d’externe, son parent ou une autre figure d’autorité. Mais parce que lui en a profondément envie, parce qu’il en comprend l’intérêt.

Là aussi, Catherine Gueguen nous explique ce qui se passe lorsque nous faisons preuve d’empathie avec un enfant. Lorsqu’on accueille ses émotions, son cerveau sécrète de l’ocytocine, une hormone anti-stress. Ainsi apaisé, l’enfant va pouvoir lui aussi faire preuve d’empathie et développer des sentiments de confiance et d’amour.

Inciter la coopération

Et cela va naturellement le conduire à la coopération. Que va provoquer chez nous la coopération de l’enfant ? Et bien nous allons sécréter à notre tour de l’ocytocine. Ce qui va nous amener à nous montrer encore plus facilement empathique envers lui.

C’est un cercle vertueux qui va apaiser durablement les relations parent-enfant ou éducateur-enfant. En générant dans le cerveau de notre enfant des hormones bénéfiques, nous lui permettons d’atteindre sa maturité cérébrale pleine. Nous limitons les effets des hormones de stress qui lui nuisent.

La Discipline Positive nous enseigne aussi autre chose : les solutions qui impliquent l’enfant, auxquelles il aura contribué, s’avèrent efficaces sur le long terme. Contrairement à des solutions imposées par l’autorité.

Et pour que l’enfant puisse participer à une recherche de solution, il doit être dans de bonnes dispositions. Son néocortex, centre de la raison, doit être opérationnel (ce qui n’est pas le cas lors d’une crise de colère par exemple). Le rôle de l’éducateur en Discipline Positive va donc être de permettre à l’enfant de retrouver son calme.

Lui apprendre à gérer ses émotions

L’aider à s’apaiser et à calmer ses tempêtes émotionnelles puisqu’il en est physiologiquement incapable seul. Et c’est seulement une fois le calme revenu que l’on va pouvoir chercher une solution qui fasse consensus. Une solution qui fonctionne sur le long terme.

Donc oui les punitions peuvent s’avérer efficaces à court terme. Elles permettent d’obtenir des choses de l’enfant rapidement. Mais il faut se demander ce que l’on souhaite nous au plus profond de notre cœur.

Nous souhaitons des solutions sur le long terme, nous voulons que notre enfant soit heureux. Nous voulons lui permettre d’être un individu autodiscipliné qui soit capable de réflexion et d’empathie. Un être qui soit capable d’identifier et respecter ses besoins mais également respecter ceux des autres.

Nous aspirons à le guider sur le chemin du bonheur mais de son bonheur à lui. Il n’y a que lui qui peut le trouver et pour ça il a besoin d’une référence interne.

S’il obéit par peur à une référence externe, l’adulte, le parent ou le professeur coercitif, il va se perdre et arrêter de s’écouter. Et un enfant qui ne sait plus écouter ses besoins ne peut pas devenir un adulte épanoui avec lui-même et avec les autres.

C’est notre rôle d’éducateur de l’accompagner vers son épanouissement personnel. Lui permettre de devenir sa référence interne dans le respect d’autrui. Et c’est là que la Discipline Positive va nous aider. Elle va nous permettre de nous détacher du rôle contrôlant de l’adulte et passer de la répression à l’accompagnement éducatif.

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