L’éducation bienveillante : en quoi consiste-t-elle ?

Lorsque nous, qui sommes parents aujourd’hui, étions des enfants, le terme d’ éducation bienveillante n’était pas vraiment utilisé.

On parlait alors d’éducation au sens large et il y avait un modèle quasi unique, le modèle traditionnel. Ce n’est qu’assez récemment, que l’on s’est intéressé au sujet. Plusieurs « choix », plusieurs modèles de parentalité sont alors apparus. Les différentes manières d’éduquer nos enfants ne sont mises à porter des noms.

Depuis quelques années maintenant, on voit un nouveau modèle éducatif se dessiner et prendre de plus en plus d’ampleur face à l’éducation traditionnelle. On l’appelle « éducation bienveillante » ou d‘éducation positive,  mais de quoi s’agit-il ?

En quoi l’éducation bienveillante est-elle différente du model traditionnel ?

Une relation égalitaire

Dans le model éducatif traditionnel, la relation parents-enfants (ou éducateur-enfant) est une relation d’autorité-soumission. On y trouve l’enfant soumis à l’autorité et aux règles de l’adulte. En éducation bienveillante on considère une relation d’être humain à être humain sur un pied d’égalité.

Les besoins de l’enfant sont aussi importants que ceux du parent et l’objectif est de travailler dans la coopération et la non-violence.

Bien souvent dans le modèle traditionnel la façon d’éduquer utilise deux techniques. On trouve l’autoritarisme d’une part, qui consiste à imposer la volonté de l’adulte (par la force, la punition, le chantage, le fait de crier, etc.). Et d’autre part on trouve le laxisme où c’est l’enfant qui va imposer sa volonté à l’adulte.

Dans le premier cas, seuls les besoins des parents sont respectés, dans le second cas, seuls les besoins des enfants sont respectés. Et souvent, en tant que parent, on se retrouve à faire le va-et-vient entre ces deux méthodes.

Le juste milieu

On va pratiquer l’autoritarisme puis le laxisme lorsque le premier échoue. La raison est que nous n’avons finalement pas d’autre pédagogie à notre disposition ! Et cela génère souvent de la frustration et une grande culpabilité chez les parents.

L’éducation positive se situe tout simplement au « milieu » de cette échelle éducative. Les besoins de l’enfant et ceux du parent sont respectés. Dans le modèle « classique » on cherche à obtenir l’obéissance de l’enfant, à le conformer rapidement aux normes sociales. On souhaite qu’il accède à nos demandes de manière instantanée. On cherche à obtenir l’image de l’enfant « bien élevé » au sens de cette éducation traditionnelle.

En éducation bienveillante on privilégie l’apprentissage par la compréhension. Comme le respect des besoins de l’enfant est mis dans la balance, on ne lui impose pas un comportement par la force ou la peur.

On utilise plutôt des outils qui permettent d’obtenir la coopération de l’enfant et d’établir une relation de confiance avec l’adulte. Rechercher l’épanouissement de chacun.

Pour en savoir plus, je t’invite à lire l’article : « Discipline Positive : un juste milieu entre bienveillance et fermeté ».

Pourquoi parle-t-on d’ éducation « bienveillante » ?

Mais qu’y a-t-il donc de « bienveillant » dans ce mode éducatif ? Et bien, tout d’abord, plutôt que de se focaliser sur les comportements « négatifs », ou comportements inappropriés de l’enfant, l’éducation positive va plutôt se concentrer sur la recherche de solutions et la valorisation des comportements positifs.

Dans le même esprit plutôt que de sanctionner ces comportements inappropriés, on va être attentif pour comprendre ce qui se passe. On va pouvoir agir pour trouver comment accompagner son enfant et régler les problèmes ensemble, toujours sur une idée de coopération.

Il s’agit de chercher des solutions qui fassent consensus, qui répondent aux besoins des parents et des enfants.

De manière générale, l’ éducation bienveillante vise à plus de plaisir éducatif, plus de plaisir dans la relation avec l’enfant et moins de stress.

Pourquoi un tel engouement pour l’ éducation bienveillante ?

Une nouveauté qui n’en n’est pas une

On a longtemps considéré l’enfant comme un mini adulte, dont on pouvait déduire les motivations et fonctionnements sur le même modèle que l’adulte. Et comme un être à corriger, à modeler, avec cette idée que l’enfant aurait naturellement une part de mauvais en lui qu’il convient de modifier.

Les concepts d’éducation positive et de bienveillance sont nés au début du XXème siècle notamment grâce aux travaux des psychiatres Alfred Adler et Rudolf Dreikurs et du Dr Maria Montessori qui pronaient plus de respect dans l’éducation des enfants.

Dans les années 90, Jane Nelsen et Lynn Lott ont démocratisé dans leurs ateliers les travaux d’Adler et Dreikurs en créant le concept de Discipline Positive. Un livre référence est né de ces travaux « La Discipline Positive ». Récemment, en France ce sont la psychologue et auteur Isabelle Filliozat et la pédiatre Catherine Gueguen qui ont démocratisé le concept d’ éducation bienveillante et non violente. Le livre « j’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat est d’ailleurs devenu un best seller. Le livre « pour une enfance heureuse » De Catherine Gueguen permet quand à lui d’éclairer la bienveillance éducative à la lumière des découvertes en neurosciences.

L’engouement pour ces techniques éducatives s’inscrivent également dans une mouvance de développement personnel. Les parents cherchent des conseils pour améliorer leur vie de parents dans le cadre d’un travail plus global.

Le boom des neurosciences

Mais ce qui a marqué un tournant sur le plan éducatif, c’est l’arrivée des neurosciences, particulièrement depuis les années 90. Elles ont permis de s’intéresser de manière scientifique au développement du cerveau de l’enfant et aux effets des différentes techniques éducatives sur ses capacités intellectuelles, cognitives et émotionnelles.

Pour la première fois la science avait son avis à donner sur l’éducation des enfants. Les neurosciences ont permis de démontrer que si les méthodes telles que punitions, cris et même coups permettent de contraindre un enfant sur l’instant en utilisant la peur, elles sont contreproductives sur la durée. En résumé les neurosciences se sont positionnées en faveur de la bienveillance.

En plus d’abimer la relation parent-enfant, elles ont des impacts négatifs. Le stress éducatif génère un surplus d’adrénaline, de noradrénaline, de cortisol. En grande quantité, le stress a un impact important sur le comportement et la santé de l’enfant car toxique pour l’organisme.

Michael Meaney démontre dans les années 90 que le maternage aide le système parasympathique à réguler nos émotions relationnelles.

En 1992, Rizzolati découvre les neurones miroir. Des cellules de notre cerveau reproduisent les gestes et émotions des êtres humains en face de nous. L’attitude que nous adoptons face à notre enfant est donc déterminante dans sa construction. ils sont la base du sentiment d’empathie.

Luby et Teicher démontrent en 2012 que le volume de l’hippocampe (partie du cerveau essentielle dans l’apprentissage) diminue en cas de violence éducative et augmente quand on soutient et valorise le jeune enfant.

En 2013, Shalev démonre que les télomères (qui protègent les chromosomes) se raccourcissent dans un environnement stressant. Cela engendre la mort de cellules et un vieillissement accéléré.

La démocratisation

En France, plusieurs spécialistes de la petite enfance comme la pédiatre et auteure Catherine Gueguen se sont fait porte-parole de ces découvertes et ont permis de rendre accessibles leurs conclusions au grand public au travers de leur livres.

C’est grâce à cette légitimité scientifique que de plus en plus de parents s’orientent ouvertement vers cette alternative éducative qu’est l’ éducation bienveillante pour améliorer leur quotidien. Ils cherchent donc à connaitre cette méthode au travers des livres, formations, articles ou ateliers.

Mais qu’est-ce qui nous pousse à choisir un nouveau modèle de parentalité

C’est quelque chose que je constate souvent lorsque je rencontre des parents. Un grand nombre d’entre eux ne sont pas satisfaits du mode éducatif traditionnel.

Avant l’arrivée de notre enfant, on se fait une image précise du parent que nous voulons être. Puis malgré l’amour qu’on leur porte, rapidement on rencontre les premiers problèmes et conflits. On réalise qu’on ne sait pas être ce parent qu’on avait imaginé. Alors qu’on souhaiterait élever notre enfant dans l’estime de soi, sans agressivité, on est bien conscient que nos reflexes nous en empêchent.

Nous vivons déjà beaucoup de stress du fait de notre mode de vie moderne et on a envie de préserver notre foyer de cette énergie négative. Mais bien souvent nous n’avons comme modèle que celui de notre propre éducation. Même s’il ne nous convient pas, nous n’avons pas les clés ni les outils pour faire différemment.

C’est en cherchant des solutions pour ramener de l’harmonie dans leur maison que les parents découvrent l’ éducation bienveillante. Ils découvrent ainsi qu’ils ont tout à fait le droit de pratiquer une autre éducation pour leurs enfants.

Pour en savoir plus, je t’invite à consulter l’article : « Qu’est-ce que la parentalité positive ? ».

Concrètement, comment ça marche ?

Des objectifs à long terme

L’une des choses primordiales à comprendre sur l’ éducation bienveillante est que ce n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas modifier le comportement de notre enfant, en supprimant les crises de colère par exemple.

Le travail se fait sur la durée, les objectifs sont des objectifs à long terme : « quel adulte est-ce que je souhaite qu’il devienne ? » est la question clé. Mes enfants ne resteront pas petits toute leur vie. Ils vivront la majeure partie de leur vie en tant qu’adulte. Mon rôle de maman / de papa est de l’accompagner.

Notre objectif est donc qu’ils deviennent des adultes épanouis possédant des compétences de vie. Respectueux et à l’écoute des besoins des autres mais également de leurs propres besoins, par compréhension du monde, des émotions et des choses et non par peur de la sanction.

Nous souhaitons que notre enfant soit un être qui écoute son ressenti. Une personne qui sait exprimer ses émotions et non les réprimer, avec confiance en soi mais de manière respectueuse.

Des compétences de vie

L’ éducation bienveillante propose tout un panel « d’outils ». Ecoute active, communication non violente, accueil des émotions… Ils vont permettre à la fois de modifier nos habitudes en tant que parent, tout en enseignant à nos enfants des compétences de vie.

Toutes ces astuces et ces outils prennent en compte le développement du cerveau de l’enfant. L’objectif principal le respect des besoins des deux côtés, ceux des enfants comme ceux des parents.

Apprendre à l’enfant à vivre ses émotions sainement, en les exprimant de manière respectueuse pour son entourage. Etre un guide en lui permettant d’apprendre par l’expérience sans avoir peur de l’erreur. Lui apprendre à assumer les conséquences de ses actes. Lui permettre de comprendre pourquoi certaines limites sont fixées, à la maison comme à l’école ou à l’extérieur.

Savoir identifier les besoins qui se cachent derrière les comportements inappropriés de l’enfant, sortir du rapport de force. Voici quelques-uns des principes de l’ éducation bienveillante.

Au final il s’agit vraiment de repenser la relation parent-enfant. On va avoir besoin de faire tomber les barrières de nos habitudes et des croyances de notre société sur l’éducation d’un enfant et suivre un nouveau modèle de bienveillance. Cet engagement personnel est nécessaire pour pouvoir appliquer les outils avec efficacité.

Quels sont les bénéfices de l’éducation bienveillante ?

Des relations pacifiées

Mettre en pratique l’éducation bienveillante peut devenir une véritable révélation qui a transforme la vie de famille et la relation avec ses enfants. En se formant à l’éduation bienveillante, de nombreux parents parviennent à remplacer tout le stress éducatif, les luttes de pouvoir, les cris, par de la communication, de la coopération et surtout, du plaisir à être en famille… Car oui, éduquer peut être un plaisir et non une corvée !

En effet, l’ éducation bienveillante a de réels bénéfices sur le comportement de l’enfant. Si elle ne permet pas de le contraindre à modifier son comportement instantanément, avec la pratique elle permet d’éviter les situations de crise.  

Donc on peut constater qu’elle apaise les relations de manière durable. On constate généralement rapidement que de petits changements dans nos habitudes amènent déjà de grandes améliorations dans la relation avec notre enfant.

La transmission de compétences pour son avenir

L’ éducation bienveillante permet surtout à l’enfant d’acquérir des compétences de vie, pour l’avenir. En avançant vous verrez votre enfant devenir un être humain empathique, capable de réfléchir par lui-même. Une personne qui peut avancer sans dépendre du jugement d’autrui, confiant dans la vie. N’oublions pas que nous créons aujourd’hui les adultes de demain. Et leur enfance va jouer un rôle important dans la construction de leur personnalité.

Donc prêt à affronter ce monde et à réaliser ses rêves et y a-t-il plus beau cadeau à lui faire ?

Un réel développement personnel

Bien souvent, choisir l’ éducation bienveillante c’est modifier bien plus de choses dans sa vie que simplement sa parentalité. L’ éducation bienveillante nous pousse à travailler sur nous, travailler notre propre gestion des émotions et de la colère. Mais aussi notre confiance en l’avenir pour notre enfant, notre lâcher-prise, notre manière de communiquer.

Ainsi, tous ces changements se ressentent dans les différents domaines de notre vie. Dans notre vie de couple, dans notre travail, nos relations humaines… C’est donc bien plus qu’un choix éducatif, c’est un choix de vie, c’est bien plus qu’un objectif à atteindre, c’est un véritable voyage…

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